TENIR JOURNAL

 
 
 

contact : tenirjournal[arobase]free[point]fr


 
 
 

Sont publiés sur ce blog des textes écrits à l’occasion d’ateliers d’écritures qui ont eu lieu entre octobre 2014 et – pour l’heure – juin 2019.
 
 
 
Années 2018-2019 :
 
 
 
BOURGES (journal au format pdf : ici)

CHANTELLE (journal au format pdf : ici)

NANTES, quartier PORT-BOYER

TOURS (journal au format pdf : ici)
 
 
 
Ci-dessous, archives de textes écrits par des lycéenn.e.s en terminale littéraire au lycée Guist’hau, à Nantes — entre octobre 2014 et janvier 2015 ; par des personnes alors en détention à la maison d’arrêt de Laval, ainsi qu’à la maison d’arrêt du Mans — en février et mars 2015 ; par des lycéens en seconde carrosserie, au lycée professionnel Antoine de Saint-Exupéry à Limoges — en mars et avril 2015 ; par des personnes alors en détention à la maison d’arrêt de Fontenay le Comte, à la maison d’arrêt de La Roche-sur-Yon, et à la maison d’arrêt de Nantes — en avril et mai 2015 ; par des habitant.e.s de La Roche-sur-Yon et alentours, les 14 et 15 novembre 2015, à la Maison Gueffier, à La Roche-sur-Yon ; par des lycéenn.e.s en terminale littéraire au lycée Guist’hau, à Nantes — entre novembre 2015 et janvier 2016 ; par des lycéenn.e.s en première bac pro merchandising visuel au lycée de l’Assomption à Bondy — en janvier 2017 ; par des lycéenn.e.s en première littéraire spécialité danse ou théâtre au lycée Pierre Mendes France, à La-Roche-sur-Yon — en février 2018 ; par des habitants du quartier Port-Boyer et alentours, à Nantes — entre novembre 2017 et juin 2019.
 
 
 
Ici, au format pdf :

Maison d’arrêt | Nantes | avril-mai 2015.

Maison d’arrêt | Fontenay le Comte et La Roche-sur-Yon | avril-mai 2015.

Maison d’arrêt | Laval et Le Mans | février-mars 2015.
 
 
 
Là, sommaire général de (presque) tous les textes :

A K

Alandimata

À ma place

Anjormwa

Appétit

À 17 ans j’étais plein de rêves

Archéologie

Autoportrait

Avril 2015, 6 images

Aujourd’hui, Cqfd, Le Monde, l’Humanité, mai 2015

Autrement dit

Besoin de couleurs

Bref !

C’est l’histoire d’une vie

C’est l’histoire d’un jeune homme

C’était il y a 15 ans

Crashs

Croquis

Daniel, 1

Daniel, 2

Daniel, 3

Daniel tout petit

Dans la cour d’une école publique

Dans le hall d’un immeuble

Dans l’écorce

Début de journée

De jour ou de nuit

De la poésie

Demain poème

Depuis sa plus tendre enfance

Des pétards des étincelles

2 Août 2015

Dimanche 5 avril 2015

Dimanche 30 septembre 2012 : la chance a tourné

Dimanche 22 novembre 2015

Domino

Échappatoire

Effet optique

Ekki Múkk – Sigur Rós

Élevage intensif

Enfin on tombe d’épuisement et on s’endort

Enfin si

Espace-temps

Espoir

Et je crie j’ai fini

Et la Corrèze et la Creuse englouties par

Et lui que traverse-t-il ?

Et pourtant

Étrange

Exercice de lecture

Expérience nantaise

Fanfaronnade marchée du fond de la gadoue

Farid

Friday, bloody friday

Hier dimamanche 22 novembre 2015

Hors du temps

Infinitifs

Infinitifs, 2

Infinitifs, 3

Infos et faits

I N M E M O R I A M

Je dois jouer pour avancer

Jelissa

Je m’appelle Yassina Kerfouche

Je me souviens

Je ne suis allée qu’une fois à Versailles

Je repense à mon village

Je suis Maïté Diallo

Jeudi 19 mars _ dimanche 20 mars

Journal d’une journée

Journal d’un terrien

Journée Magie

Journée 31/03/2015

Jusqu’à ce qu’on crame

Jusqu’à demain (20/11/2015)

Kelyan, une enfant sans famille

La butte Saint Anne

La forêt

La geôle

La journée d’hier

L’alcool et la drogue un fléau dans ma vie

La mauvaise école ou les remises en question

Là où j’habite

L’arbre à gui

La route est droite mais il y a les autres

La section ne ferme plus

La vie en prison pour la première fois

Le châtaignier

Le ciel était l’habituel

Le foyer

L’église de Don Bosco

Le jour où tout a basculé

L’embarcadère

Le médecin

Lépidoptères

Le pôle associatif

Le rugby

Les aventures de Roger

Les champs de la colère

Le 16-4-2015

Le sperme de Gabriel

L’être

Leurs têtes étaient pleines des choses que cet après-midi libéré leur inspirait

Le vent battant fouettait

Lever du lit

L’homme et le serpent

L’homme sans expression

L’info dans le monde, face a / face b

Lise et Antoine

L’occident et l’orient

Lucy

Ma DS

Madrika

Maintenant je veux parler

Mais parfois

Mais surtout ne me trahis jamais

Ma journée

Marche, marcher, marcher

Miguel

Mon journal

Montréal, 12 janvier 2010

Murs

Nature morte

On monte

11 février 2018

11 février 2018, 11h11

11 février 2018, 11h11

11 février 2018, 11h11

11 février 2018, 11h11

11 février 2018, 11h11

11 février 2018, 11h11

11 février 2018, 11h11 — 15 février 2018, 20h20

11 janvier 2015

Plongée sous-marine

Poème à écouter les yeux fermés

Pourriez-vous m’indiquer le lieu de mon rendez-vous ?

Prisonnier malgré moi

Projet sur Port-Boyer

Plat-thon

Promenade à Kreuzberg

Quatre images, quatre phrases

Que je vis

15.10.2015

15 novembre 1955, sol du chemin très usagé

Retour prison sans toucher les 20.000 euros, les quatre vérités

Sagesse en moi

Samedi 14 novembre 2015

Savoir être soi

Se matin j’ai galéré

sematinjaigalereamelevquendjmesuislevjmesuiabierjmesuibross

Seulement un bout 2 ma vie

Souvenir

Souvenir d’une commémoration

Souvenirs, d’une rencontre à aujourd’hui

Suis-je libre ?

Sur la crise du logement

Toute une journée, 1

Toute une journée, 2

Tout marche à l’écriture

13 novrier

31.10.2015

Un autre pays

Une femme

Une journée à la maison d’arrêt

Une journée en prison le 26.02.2015

Une journée pas comme les autres

Une vague d’espoir

Une vue imprenable

Un jour

Un matin pas ordinaire

Un poème

Vacances à Bastia et en Corse

Vendredi 13 novembre 2015

Vitesse de croisière

Voyage

Vraie vie

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Chantelle, 2018 — 2019

 
 
 

Textes écrits à l’école de Chantelle par les élèves de la classe de cm2 de Céline Peauger. Avec la complicité de Annie Holjevac. Entre octobre 2018 et mars 2019.
 
 
 
JOURNAL AU FORMAT PDF À LIRE ICI.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Tours, 2018 — 2019

 
 
 

Textes écrits à Tours, dans le quartier du Sanitas, et sur le site des Tanneurs de l’université, entre novembre 2018 et avril 2019.
 
 

 
 
 
Le travail graphique a été conçue par Émilie Glowacki.

Une édition a également été réalisée à Bourges, réalisée par par Ania Woznica et Camille Savre, à partir d’une première ébauche proposée par Baptiste Janusz et Serena Rives, que vous pouvez lire ici.

Le projet Tenir Journal (à Bourges et à Tours) a été soutenu par Ciclic — agence régionale du Centre pour le livre, l’image et la culture numérique — , et développé par Marc Perrin, auteur associé à mille univers, espace de vie sociale à Bourges. Ce projet a été réalisé en complicité avec Livre Passerelle, à Tours
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Bourges, 2018 — 2019

 
 
 

Textes écrits au lycée Marguerite-de-Navarre et à l’atelier des mille univers, à Bourges, entre novembre 2018 et avril 2019. À lire ci-dessous au format pdf :

PDF#1
PDF#2
PDF#3

Le travail graphique a été réalisé par Ania Woznica et Camille Savre, à partir d’une première ébauche proposée par Baptiste Janusz et Serena Rives.

Une édition a également été réalisée à Tours, conçue par Émilie Glowacki, que vous pouvez lire ici.

Le projet Tenir Journal (à Bourges et à Tours) a été soutenu par Ciclic — agence régionale du Centre pour le livre, l’image et la culture numérique — , et développé par Marc Perrin, auteur associé à mille univers, espace de vie sociale à Bourges. Ce projet a été réalisé en complicité avec Livre Passerelle, à Tours
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

11 février 2018, 11h11 — A

 
 
 

Dimanche 11 février. Dimanche 11 février. Quoi on est déjà dimanche. Il est 10h30. Je me réveille. La lumière de dehors traverse mes pupilles. Je me réveille. Je déverrouille mon téléphone pour regarder les actualités. « Notre-Dame-Des-Landes, JO d’hiver 2018 ». Par la suite je décide de regarder une série, Hawaï 5-0, une série policière. L’appel de mon ventre est plus fort que tout, je décide alors de descendre manger avec mon chéri. On sent la bonne odeur de la pizza 4 fromages traverser nos narines. Cette bonne pizza du dimanche. En descendant je me rappelle que je pars bientôt au ski. La neige, la luge, le snowboard. J’en rêve déjà.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

11 février 2018, 11h11 — 15 février 2018, 20h20 — Élisa Grolleau

 
 
 

Il est 20 heures 20. Nous sommes le 15 février 2018. Je suis en salle informatique (à la même place que mardi).

À ma droite, il y a deux garçons. Tee-shirt noir ou bleu. Bonnet, lunette(s), jogging noir ou gris.

Il est 20 heures 20. Nous sommes le 15 février 2018. Les nuages pluvieux de la journée disparaissent pour laisser s’installer la nuit (doucement). Par la fenêtre, j’observe le crédit mutuel. Une petite golfe rouge passe. Une lumière jaunâtre éclaire le trottoir… elle provient des lampadaires.

Il est 20 heures 20. Nous sommes le 15 février 2018. Je porte un pull bleu ou bleu ciel. Un pantalon à carreaux. Des boucles d’oreilles. Un rouge à lèvres bordeaux ou fushia. Des chaussures noires.

Ma main droite suit les lignes de la feuille. Elle écrit.

Il est 20 heures 20. Nous sommes le 15 février 2018. J’appuie sur le lien « ouvrir une copie » ou une « page blanche ». Je tapote sur les touches du clavier.

Il sera 20 heures et des minutes lorsque vous recevrez mon texte.

 

 

La Réorthe-Féole-Notre-Dame-des-Landes-Roullières.
n°5.Chambre.Dossard n°3.
       Chambre. En haut. A gauche de l’escalier. 19 ans.
( mon lit )
Pantalon à carreaux. Couleur : Pieds nus. Fille souriante. Hostile.
       • Bleu
       • Blanc
       • Rouge
Milliers de personnes. Fête.
Fenêtre ouverte. page 26.
_ cristalline
_ odorante
_ sombres
       • Regarde vers sa droite. Perrine Laffont.
       • Contre le “capitalisme vert”. Couleur. Drapeau
Bleu
Blanc
Rouge
Pris la parole. qui ont pris la parole. Milliers de personne.
_ sombres
_ cristalline
_ troupeau. Milliers de personnes.
_ Gants. Manteau. Haut noir. l’exil et le royaume. la ZAD
sur la ZAD. Débat.Bras ouverts.13°C au thermomètre. Aéroport.

Victoire. COMBAT. 30 000. rieuses
_ Marcel
_ lumière.livre ancien. homme-carré-demi-visage

Albert Camus. Lunettes. (non maquillée). Dialogue avec le gouvernement. Fête.
Dialogue avec le gouvernement. Les oiseaux chantent. Livre collection Folio. Livre édition *. Main droite tenant skis.
       • Gallimard. Riff de guitares, violoncelles et contrebasse.
       • 30 000 à 40 000 personnes. Température ressentie 8°C. Livre Albert Camus.
Main gauche et main droite tenant drapeau. Combats
_ Composantes de la ZAD. Ciel bleu. projet d’enfouissement de déchets nucléaires.
_ Ocre et gris. Livre illustration de Philippe Poncet de la Grave.
Débat. Dizaines de personnes. Intensification de la lutte contre l’aéroport.
_ sombres. 200 pages. qui ont martelé leur volonté.

De très nombreux jeunes. Livre léger.
De très nombreux jeunes. HOSTILE.

ET si la victoire… cheveux longs,
ciel bleu !

 

 

Il est 20 heures 56 et des minutes lorsque je déplace la souris, sur le bouton envoyer.

20 heures 56 et 10 secondes plus tard, je clique…
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

11 février 2018, 11h11 — J

 
 
 

11h11 – le 11 février 2018

Je mange. Je mange avec mon portable du côté droit. Je mange avec mon portable du côté droit, des livres d’enseignant m’entourent. Je regarde le rectangle noir qui est à 10 centimètres de mes yeux. Des cheveux dépassent ce rectangle noir, deux mains se promènent de chaque côté de ce rectangle noir. Je prends un biscuit, je le trempe dans mon thé, puis je le mange. Je prends un autre biscuit, je le trempe dans mon thé, puis je le mange. Je prends encore un biscuit, je le trempe dans mon thé, puis je le mange. La grande porte vitrée laisse passer les seuls rayons de soleil de ce début d’année 2018. Herbe verte, les plantes dans les pots se portent bien, la terrasse est légèrement humide, les arbres se balancent. Je suis assise sur une chaise, je somnole encore. Lorsque mes paupières se ferment délicatement sur mes yeux, l’espace vaste et puissant m’apparaît. L’image d’une voiture placée en orbite autour de notre Terre. Si précieuse. Je voudrais bien être à la place de ce mannequin, dans cette voiture, dans cet espace. Espace puissant, infini, vaste et silencieux. Espace spatial, espace intemporel, espace étendu, espace infini. Espace. Espace qui s’impose dans ces quelques millièmes de seconde qu’espacent la fermeture et l’ouverture de mes paupières. Mes paupières se rouvrent délicatement. L’image s’en va, et reviendra dans quelques secondes lorsque mes paupières se refermeront délicatement, encore. Puis les images réelles réapparaissent. Tout s’active autour de moi. Le four dégage une forte chaleur, presque trop agressive pour un dimanche matin. J’entends le frigidaire s’ouvrir, les plats s’entrechoquer. Tout cela mélangé au bruit mécanique des touches du clavier, aux pages des six livres grands ouverts qui se tournent, les feuilles qui se froissent, les feuilles qui se chiffonnent, les feuilles qui se fripent, les feuilles qui se plissent, les feuilles qui se pressent les unes sur les autres. Les feuilles qui émettent des sons trop assourdissants pour un dimanche matin. Je regarde, j’observe puis je prends un biscuit, je le trempe dans mon thé, puis je le mange. Je prends encore un biscuit, je le trempe dans mon thé, puis je le mange. Quelques pas me surprennent, me sortent de mes pensées, me font tourner la tête à l’opposé d’où elle était. Quelques pas, qui bientôt viendront frôler mes oreilles, puis quelque chose d’autre viendra frôler ma joue, mes oreilles, mon nez. Ce quelque chose vient me faire un bisou, un bisou léger, un bisou doux. Puis avec une caresse dans mes cheveux encore emmêlés, mais une caresse douce, subtile, une caresse calme, idéale pour un dimanche matin. Puis, un sourire, un merveilleux sourire, un sourire chaleureux. Ce sourire, me fait sourire. Instant soutenu, instant cassé. De nouveau, les bols se fracassent. Consolidation. Consolidation, croissance. Consolidation, croissance, modules. Poulet. Poulet, fermier. Poulet coopérative. Poulet, laiterie. Poulet, beurre. Poulet. Breakfast. Vêtue de mon pantalon trop large qui me serre pour dormir et d’un pull vite enfilé pour ne pas avoir froid, je regarde mon portable, il était 11h11.

Consolidation – croissance – modules – breakfast – phono – activités – poulet – fermier – laiterie – coopérative – beurre

 

Photo d’actualité – 11 février 2018

Dans une voiture, un mannequin. Tous deux en orbite autour de notre Terre. Casque blanc, combinaison blanche, voilà ce que porte ce mannequin. Une voiture rouge, qui ne tardera pas à se détruire. Puis en fond, une vue d’ensemble de notre Terre.

 

Article d’actualité – 11 février 2018

Grande réforme de l’apprentissage. Conçue ensemble. Changements conçus ensemble. Et l’information, l’orientation. Mise en œuvre à venir. Changements mis en œuvres. À venir.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

11 février 2018, 11h11 — Amandine A

 
 
 

De nombreux combats contre de grands projets d’infrastructures jugés inutiles ou imposés. Le projet transalpin Lyon-Turin (qui réunit des opposants français et italiens) ou encore le projet d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure (Meuse). Un projet en particulier est devenu la référence à tous ses opposants à de grands projets. La décision de l’abandon du projet a été annoncée le mercredi 17 janvier 2018. « La fin de cette lutte d’un demi-siècle, laisse place à de nouveaux enjeux et combats, ici et ailleurs ». Ici et ailleurs, Isère, Finistère, Ille-et-Vilaine, Deux-sèvre, Meuse. « pour toutes ces luttes sœurs, nous sommes-là, nous serons-là ! »

Luttes, différentes, fête, déplacement, expliquait, célébration : « On ne va pas gâcher ce plaisir, mais ne soyons pas dupe, le discours environnemental du gouvernement est celui d’un bonimenteur. »

Bonimenteur, bo-ni-men-teur.

       Victoire, folie, rythme endiablé, musique survitaminé, diversité des instruments       des nationalités.

              Une chose est certaine ce rendez-vous militant à drainé une foule

                                          considérable, digne des plus grands rassemblements du projet devenu

                     référent.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Espoir — Hauru

 
 
 

Les usines nucléaires qui explosent, c’est pas grave.
C’est vrai, cela ne concerne personne.
L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, c’est pas grave.
C’est pas notre problème.
Frapper, injurier une personne parce qu’elle a un genre, une attirance sexuelle différente de la notre, c’est pas grave.
On s’en fout de ces gens-là.
Les gens qui meurent dans la rue, c’est pas grave.
Bon débarras !
Ignorer les migrants, les laisser crever, les regarder sans agir, c’est pas grave .
Après tout, ce ne sont pas des êtres humains.
La surconsommation de viande, c’est pas grave.
On verra après.
La planète qui se meurt, c’est pas grave.
On ne peut plus rien faire, elle meurt déjà de toute façon.
Les guerres dans ce monde, c’est pas grave.
Cela nous rapporte plein d’argent.
La déforestation, c’est pas grave.
Comment on ferait, nous, sans les détruire, ces arbres qui ne servent à rien ?
L’exclusion sociale, c’est pas grave.
Il/Elle n’a qu’à se débrouiller tout.e seul.e.
La torture, c’est pas grave.
Je suis sûr que ce n’est qu’une invention.
L’esclavage moderne, c’est pas grave .
Comment on pourrait survivre sans tout ce confort ?

 

C’est pas grave…

 

Merde, c’est GRAVE.

G-R-A-V-E.

On ne s’en fout pas !

Toute une partie de la population mondiale souffre, bien sûr que c’est grave.

Elle, cette majorité, elle endure ses souffrances à cause d’une minorité, c’est grave.

C’est grave de ne pas se préoccuper du sort des humains, qui comme nous ne font que survivre. On vit ?

C’est grave, ce n’est qu’une pauvre façade derrière laquelle nous nous cachons. Elle n’est que factice, on ne vivra pas longtemps.

Tout le monde s’en fout? Non. Une minorité se pose des questions, pensant au bien-être commun, au-delà d’une simple existence égoïste.

Moi, je ne vaux rien. C’est grave ? Non, moi, seul, je ne vaux rien. Je ne prétends pas avoir une immense valeur. Mais tous ensemble, nous possédons une immense valeur, un potentiel inimaginable.

Faisons de notre mieux pour ne plus nous contenter de survivre mais tout simplement vivre nos vies, nos existences, ensemble.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

11 février 2018 — L L

 
 
 

Je prends mon téléphone et je prends une photo. Avec les copains on marche dans la rue, il doit être 21 heures passées. Ce soir on cherche des sans-abris pour une distribution de plats chauds. C’est notre première fois à tous les quatre. Yacine est très concentré sur sa tâche, il parle peu et inspecte chaque recoin de la ville. Mohamed est mal à l’aise, il porte une casquette noire, je pense qu’il craint qu’on le reconnaisse. Il doit y avoir une partie de lui qui a honte de cette activité nocturne. Mais je pense aussi qu’il est au fond de lui dans l’excitation de cette soirée. Mon frère Ali est comme moi, ça nous tient à cœur de faire ça. On l’avait promis à notre mère. On fait surtout ça pour elle. Les copains nous ont rejoint, ils ont accepté dès que notre mère est décédée. C’est elle qui a créé cette association.

 

 

 

 

 

« Le 11 février 2018 est le jour 42 de l’année 2018. Ce 11 février tombe un dimanche en 2018. Il reste 323 jours avant la fin de l’année. À Paris le 11 février 2018 le soleil se lève à 08h08 se couche à 18h02. Le jour précédent est le samedi 10 février 2018 et le jour suivant est le lundi 12 février 2018. »

 

 

Le jour 42 de l’année 2018.

La femme (au rideau) : Tu es amoureux?

Silence.

Le rideau (lui répond) : Oui.

Silence.

La femme : De qui?

Silence.

Le rideau : D’aujourd’hui, le 11 février 2018.

Silence.

Sourit et pleure.